081121AncienneEcole01La commune de Rixensart envisage la destruction de l’ancienne maison communale et école de Genval. Des habitants, des commerçants et des associations défendant l’histoire (Cercle d’Histoire) et le patrimoine (Hommes et Patrimoines) se sont mobilisés pour empêcher la démolition de ce bâtiment, construit il y a tout juste 140 ans. Voici le texte du communiqué de presse diffusé par le collectif réunissant plusieurs associations (Association des Commerçants de Genval, du Cercle d’Histoire, du Comité de l’avenue des Combattants et de l’Association Hommes et Patrimoine).

Une pétition a réuni plus de 400 signatures, signe d’une forte mobilisation dans la population. Elle sera remise dans les prochains jours aux autorités communales. Ce collectif singulier et inédit d’habitants, de commerçants et d’associations demande que le projet de crèche et de logements sociaux conserve et intègre le bâtiment principal, à front de la place, qu’une rénovation approfondie permettra de remettre en valeur.

Historique
• Cette maison communale-école fut construite en 1868.
• Inaugurée en 1869, elle servit jusqu’à la veille de la guerre de 14-18. A l’avant, on trouvait au rez-de-chaussée, les logements des instituteurs et au premier la salle du conseil communal. A l’arrière se trouvaient les classes.
• Après la guerre de 14-18 elle continua son rôle d’école jusqu’à la fin des années 1990.
• Aujourd’hui, le bâtiment à front de rue abrite toujours une crèche dans un des deux logements des instituteurs. L’autre, vide, servait autrefois de bureau de Poste. A l’arrière et dans l’autre bâtiment, l’association « L’enfant des Etoiles » y occupe un atelier.

Destruction
Lorsque l’école fut désaffectée, la Commune fut partagée entre deux options. La première était de mettre en vente le bien, la seconde de construire des logements sur ce site. Dès cette époque, nous avions attiré l’attention des autorités communales sur la valeur emblématique du bâtiment. Nous redoutions que l’une ou l’autre option n’aboutisse à une destruction totale ou partielle. Aujourd’hui, nous avons les plus grandes craintes à ce sujet. Le Collège semble favorable à la démolition complète, évoquant la mérule dans les murs. Quand on veut abattre un chien, on dit qu’il a la gale. Quand on veut détruire un bâtiment, on dit qu’il a la mérule !

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Projet immobilier
La majorité actuelle a opté pour la solution des logements : en tout il y en aura quatorze, ainsi qu’une crèche. La commune a pris accord avec la société de logements « Notre Maison » pour développer le projet. Elle cède le terrain en emphytéose et « Notre Maison » se chargera de la réalisation. Il semblerait toutefois que la démolition soit à charge de la Commune

Pourquoi sauver ce bâtiment ?
• Dans toute commune, il y a un certain nombre d’architectures qui l’identifient. Elles lui donnent son caractère et font partie du cadre de vie des habitants. Chaque fois que l’on détruit un de ces « repères », on détruit l’âme d’une commune. On la vulgarise en banlieue anonyme.
• L’intérêt du bâtiment réside dans son architecture insolite et unique sur le territoire de la commune. L’architecte Coulon dressa les plans de nombreuses écoles. Seule, celle de Genval offre un style qui se rapproche des formes Art Nouveau.
• On remarquera que ce bâtiment à l’origine est construit en brique et pierre bleue. Par après, peut-être sous l’influence de la villa Beau-Site de l’avenue des Combattants, on refit les façades en imitant un appareillage de pierre bleue. Le côté Art Nouveau se marque encore par la belle grille en façade avant du côté de la crèche.
• Ce bâtiment fait partie intégrante du site de la Place Communale de Genval. Il est ce qu’on appelle en aménagement du territoire un « bâtiment repère ». C’est-à-dire qu’il représente un des acteurs d’identification d’un lieu, d’un village ou d’une commune. Mais il constitue en même temps une identification des habitants avec leur cadre de vie.

Ancien habitat et noyaux anciens
Dans notre Règlement communal d’urbanisme, Genval (le vieux Genval) est une des aires d’ancien habitat, comme Bourgeois. Ces deux noyaux sont spécialement protégés contre les atteintes d’opérations immobilières intempestives et/ou dommageables. L’ancienne école est un « monument » de la Place Communale. En ce sens, elle doit faire partie du plan général de revalorisation de la place.

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Partenariat public-privé
• Démolir tout serait une solution facile. L’argument des personnes qui préconisent cette option est : conserver coûterait très cher. S’il est vrai que conserver uniquement la façade avant d’un bâtiment s’avère onéreux, sa rénovation, même s’il est dégradé, peut s’avérer d’un coût égal et parfois même moindre, qu’un nouveau. Il existe des exemples proches, comme la Tannerie à La Hulpe.
• Une autre piste peut se révéler utile : celle d’un partenariat ou d’une participation du privé avec le public. Dans ce cas-ci, pourquoi ne pas contacter les sociétés locales et leur proposer une crèche plus importante, qui accueillerait des enfants de leur personnel.

Rôle de la Commune
Trop longtemps, les communes proches de Bruxelles ont négligé un aspect primordial de leur mission : l’aménagement de qualité du cadre de vie de leurs citoyens. Pourquoi, maintenant, tant de communes revalorisent-elles leur patrimoine architectural ? Par pur goût esthétique ? Non, parce qu’elles ont compris que leurs citoyens leur sont reconnaissants de leur apporter un environnement agréable à l’œil et respectueux de leurs souvenirs. Une Commune n’est plus un endroit où l’on inaugure les chrysanthèmes, mais où l’on met en œuvre l’article premier du code de l’aménagement du territoire :
« La Région et les autres autorités publiques…rencontrent de manière durable les besoins sociaux, économiques, patrimoniaux et environnementaux de la collectivité par la gestion qualitative du cadre de vie, par l’utilisation parcimonieuse du sol et de ses ressources et par la conservation et le développement du patrimoine culturel, naturel et paysager »

La défense du dossier de l’ancienne école a été inscrite à l’ordre du jour du prochain conseil communal, ce mercredi 26 novembre 2008.

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