081001PapeteriesLe réaménagement des anciennes papeteries de Genval constitue un projet de grande ampleur qui a mis de longues années à mûrir. Les plans ont succédé aux avant-projets et une première enquête publique a débouché sur un refus, tant des habitants que des représentants communaux.

Greffer un morceau de ville dans ce qui constitue encore un village ne représente pas une opération bénigne. Le risque de rejet est grand ! Si le nouveau projet affiche des dimensions plus humaines et se montre plus respectueux de l’environnement (mise à jour de la Lasne, dépollution du site), il reste cependant fort vague sur un point, celui de la mobilité, plus précisément sur les répercussions d’un tel projet sur le quartier voisin, le cœur historique de Genval. Ces imprécisions fondent notre inquiétude. Voici l’avis rendu lors de l’enquête publique en octobre 2008.

Le 16 septembre dernier, la séance d’information aurait pu lever nos doutes, voire dissiper nos craintes. Elle n’a contribué qu’à les renforcer.  Un représentant du comité de quartier a posé la question de l’importance de la hausse du trafic dans les rues riveraines. Transitec a affirmé que les charges de trafic supplémentaires pour ces rues voisines seraient presque négligeables, compte tenu du pôle d’attractivité bruxellois et de sa voie d’accès, la E411. Un maximum de 5% du parc automobile des papeteries est « supposé » transiter par elles. Les mesures préconisées canaliseraient le trafic mais sans réussir à le rendre fluide, Transitec ajoutant que dans les années à venir la situation empirera. Des solutions existent néanmoins, ici et maintenant, pour éviter que l’afflux quotidien de 4.500 à 5.500 véhicules supplémentaires sur le site des Papeteries ne vienne gâcher l’existence des riverains immédiats ou ne mette leur vie en danger.

Les mesures que nous proposons ici visent trois objectifs :

– Empêcher ou du moins diminuer le plus possible le trafic de transit dans les rues résidentielles ;

– Sécuriser ces rues pour faire en sorte que le surcroît de trafic soit jugulé (protéger les trottoirs, sécuriser les carrefours et traversées piétonnes, empêcher les vitesses excessives) ;

– Favoriser la mobilité douce (piétons, cyclistes, transports en commun).

Qui est menacé ? Clairement, si les avenues Albert et Roosevelt (N275) absorberont une grande part du trafic, le risque existe qu’une bonne partie soit déportée vers la rue de Rixensart et s’infiltre dans le quartier résidentiel, dans des voiries qui ne sont pas du tout adaptées à se transformer en axes de pénétration. Venant de l’E411, de Rixensart ou de La Hulpe, les automobilistes resteront sans doute sur les grands axes. En revanche, pour ceux venus de Lasne, d’Ohain ou de Waterloo, la tentation sera grande de quitter la N271 pour percoler dans le cœur historique de Genval.

Pour éviter le chaos redouté, nous demandons:

  1. Un plan de circulation pour l’ensemble du quartier ;
  2. Piétons : une meilleure protection, notamment grâce à des trottoirs élargis, avec des bordures plus hautes, des traversées piétonnes surélevées ;
  3. Carrefours : des aménagements en vue de créer des effets de porte ;
  4. Routes : des aménagements pour forcer les automobilistes à lever le pied (rétrécissements, ralentisseurs, etc.) ;
  5. Transports en commun : l’offre des navettes de bus devrait être développée afin d’offrir une bonne desserte entre la future gare RER, le site des Papeteries et les zones d’habitation ;
  6. Cyclistes : une meilleure protection, avec une extension du domaine des pistes cyclables ;
  7. Rue de Rixensart : des mesures particulières afin d’empêcher que celle-ci ne se transforme en voie d’accès aux Papeteries. Son caractère semi-rural en sera renforcé et la qualité de vie de ses habitants améliorée.

Les mesures évoquées ne sont pas dictées par un syndrome « nimby » (not in my back yard). Elles confortent la hiérarchisation des voiries existante. Ces mesures s’inscrivent dans la droite ligne des recommandations émises par le même bureau Transitec, lorsqu’il avait élaboré le Plan Intercommunal de Mobilité en 2004. Les constats qu’il a établis et les solutions qu’il a préconisées alors  – dont nous avons salué les conclusions notamment en ce qu’elles reconnaissaient la dangerosité particulière de l’avenue des Combattants, recommandant d’y apporter au plus vite des aménagements – restent d’autant plus d’actualité en 2008, où la future gare RER et le réaménagement du site des Papeteries sont projetés.

Nous voyons la commune de La Hulpe s’inquiéter vivement des projets pour les Papeteries, au point que son conseil communal vient de voter à l’unanimité une motion pour demander officiellement à Rixensart de revoir la densité du projet, ainsi que les conséquences en termes de mobilité, le bourgmestre de La Hulpe mentionnant :  « Personnellement, j’ai des chiffres encore plus alarmants. On m’a parlé de 2.500 véhicules sur La Hulpe. Les problèmes de mobilité générés par les Papeteries seront plus importants que ceux générés par Fedex. Ceci dit, je voudrais insister pour dire que nous ne sommes absolument pas opposés à la réhabilitation du site. Mais que notre motion veut juste attirer l’attention sur la mobilité ». (cf Le Soir du 3 octobre dernier). Comment ne pourrions-nous pas être inquiets à notre tour, alors que nous vivons beaucoup plus près, à quelques centaines de mètres du site ? Que nos rues résidentielles pourraient se transformer en voie d’accès à ce nouveau pôle urbanistique ?

Nous ne sommes pas opposés à ce qu’un tel projet voie le jour. Des emplois seront créés, de l’activité économique générée, mais sa mise en œuvre doit être accompagnée de mesures drastiques pour protéger le cœur historique de Genval, ses habitants, son âme. Nous espérons que nous serons entendus par la commune, que celle-ci prendra ses responsabilités et respectera ses engagements.

Publicités