Il apparaît à l’issue de cette enquête que trois problèmes majeurs pourrissent la vie du quartier :

– la vitesse excessive des voitures ;
– les trottoirs trop étroits et mal sécurisés ;
– le trafic de transit encore trop important.

Ce constat est partagé en grande partie par l’étude menée par la commune et son service des travaux publics, lors des projets présentés en 2000-2001. Le comité de quartier s’attachera à faire en sorte que des éléments de solution soient rapidement apportés pour résoudre ces problèmes.

Au vu de cette enquête et des remarques émises, plusieurs éléments semblent faire l’unanimité ou du moins suscitent une large adhésion:

– des trottoirs plus larges et mieux sécurisés (bordures plus hautes et sans doute des potelets aux endroits les plus dangereux) ;
– une réfection de la chaussée qui est en piteux état et s’avère dangereuse (manque d’adhérence). Idem pour les trottoirs ;
– des dispositifs pour décourager le trafic de transit, dont celui des poids lourds, dans l’avenue des Combattants (signalisation adéquate, modification des points d’entrée dans l’avenue) ;
– des mesures pour ralentir physiquement la vitesse des voitures sont demandées à la quasi unanimité;
– la police doit remplir sa mission de prévention (et de répression) en effectuant notamment des contrôles radar réguliers et en empêchant le parking sauvage.

Parmi les solutions envisagées, plusieurs ont retenu notre attention :

– des plateaux à chaque carrefour et passage pour piétons. Cela aurait le triple avantage de ralentir les voitures, de sécuriser les traversées piétonnes et de sécuriser les carrefours en rendant plus visibles les priorités de droite ;
– des goulets d’étranglement (une seule voiture peut passer à la fois) dans les portions les plus étroites de la rue. Cela permettrait d’augmenter à ces endroits la taille des trottoirs et freinerait les voitures aux endroits les plus dangereux (notamment à la boucle en  » S  » près des pompes funèbres et du salon lavoir) ;
– un réaménagement des points d’entrée dans l’avenue serait propice à sécuriser des carrefours extrêmement dangereux (rue de la Mantoline /avenue des Combattants et rue du Vallon /avenue des Combattants). Cela permettrait en outre de détourner le flot des navetteurs vers l’axe principal, la rue du Vallon, et de ralentir les voitures au moment où elles abordent l’avenue. Des esquisses et plans réalisés par un architecte de l’avenue sont à cet égard très intéressants. Ils figurent en annexe ;
– couper l’effet visuel de ligne droite en réduisant la largeur de la chaussée à certains endroits, en créant des chicanes à d’autres, en implantant des goulets d’étranglement dans les portions les plus étroites, ces dispositifs vont forcer les automobilistes à lever le pied et dissuader nombre de navetteurs d’emprunter l’avenue des Combattants.

Pour certains points, il existe des divergences de vue, bien naturelles eu égard aux implications de ces aménagements : l’instauration d’un sens unique, la mise en place de chicanes ou encore le placement de casse-vitesses. Ces solutions doivent être mises à l’étude, quitte à organiser une consultation populaire à l’issue de ces études. Rappelons que s’il y a divergence sur le type de solutions techniques à apporter, il y a en revanche quasi unanimité sur la définition des problèmes et sur les objectifs à atteindre.

En synthétisant les observations et remarques des riverains, voici les principaux arguments avancés des  » pour  » et des  » contre « .

Le sens unique offre les avantages suivants :
· cela permettrait de réduire la largeur de la chaussée, ce qui ouvrirait des perspectives pour agrandir les trottoirs, créer une piste cyclable, permettre des plantations et développer le parking ;
· cela diminuerait considérablement le trafic de transit.
Il présente les inconvénients suivants :
· cela pourrait inciter à la vitesse, vu qu’il n’y aurait plus de vis-à-vis ;
· cela compliquerait la circulation et l’accessibilité dans l’avenue.

Les casse-vitesse offrent les avantages suivants ;
· freiner physiquement la vitesse des voitures – pardonnez cette tautologie;
Ils présentent les inconvénients suivants :
· cela engendrerait des nuisances sonores aux endroits où ils sont placés

Il appartiendra aux élus communaux de prendre leur responsabilité au vu des données techniques apportées par les études qui seront réalisées et des desiderata exprimés lors de l’enquête d’opinion menée dans le quartier. Les solutions apportées par la commune devront répondre aux demandes exprimées par la grande majorité des habitants, même s’il est évident qu’aucune solution ne suscitera l’adhésion unanime de tous. Le syndrome du  » nimby « , comme  » not in my back yard  » (pas dans mon jardin) est bien connu :  » je suis d’accord avec des travaux, mais surtout pas devant chez moi ! « . En l’occurrence, ce qui devra prévaloir, c’est l’intérêt général de tous les habitants.

Le comité de quartier, les habitants, sont parfaitement conscients que ces travaux auront un coût, probablement élevé. Dans sa programmation des travaux, la commune accorde généralement la priorité aux artères qui doivent encore faire l’objet d’un égouttage. C’est de bonne gestion. Cependant, la sécurité nous paraît être un besoin essentiel et l’avenue des Combattants exige à cet égard une grande priorité. Placer une couche d’asphalte ( » schlammage « ) ne peut représenter la seule solution. Les habitants demandent plus qu’une couche de fond de teint sur l’avenue, une vraie cure de jouvence, un rajeunissement complet. Ils ont été très patients jusqu’ici : la commune a organisé des réunions en 2000 et 2001, mais cela n’a pas été suivi d’effets et les années passent.

Les inquiétudes des riverains ne reposent pas sur une réalité subjective, mais strictement objective. Les faits parlent d’eux-mêmes. Comme nous l’avions mentionné dans l’introduction au sondage, l’avenue a connu deux accidents avec des dommages corporels en septembre et novembre 2002 (un blessé à chaque fois). Il n’y a pratiquement pas une semaine sans qu’il n’y ait un accident avec des dégâts matériels. Le mardi qui a précédé le lancement de cette étude, trois voitures sont entrées en collision au croisement avec la rue Vandercam. Voici quelques jours, une voiture a défoncé les barrières de l’immeuble au coin de la drève du Val Saint-Pierre.

Automobilistes, pourquoi roules-tu si vite dans ma rue ? écrit cet enfant (lire les commentaires en annexe) Je n’ose même pas me promener sur nos trottoirs et rouler à vélo Mon papa doit toujours m’accompagner et se fâcher sur moi à chaque fois que tu passes près de moi Je ne souhaite qu’une chose : pouvoir me promener sans crainte, car j’aime bien mon village qui serait encore plus chouette en entendant les oiseaux demeurer à mes côtés pour me bercer.

Ce parent témoigne : Ma fille est à l’école  » La Cime  » (rue Stouffs) et arpente l’avenue deux fois par jour. Elle est trisomique et sera probablement toujours à pied dans le village. Aussi les questions de trottoirs sont prioritaires pour elle et nous. Je me permets une remarque  » technique « . Quand deux voitures se croisent au niveau d’une troisième qui est parquée, souvent une voiture grimpe sur le trottoir (piéton à l’horizon ou pas). Si on refait les trottoirs, il faudrait les faire bien haut, bien raides là où c’est possible pour décourager ce comportement. Comme les chats de l’avenue, nous sommes prudents et attentifs pour nous faufiler là où le trottoir mesure 50 cm… mais…

C’est une réalité que nous vivons tous les jours et qui motive notre action, parce que des vies sont en jeu. La commune se doit d’appliquer le principe de précaution. Mieux vaut agir maintenant qu’après un accident mortel. Les habitants de l’avenue des Combattants sont autant de contribuables et d’électeurs qui méritent de voir leurs préoccupations prises en compte. Nous ne manquerons pas de les relayer haut et fort. Comme nous l’avions mentionné dans notre introduction au sondage, notre démarche est positive et constructive, non un acte politique d’opposition. C’est notre droit et notre devoir de simples citoyens et de familles concernées de demander à la commune une amélioration du cadre de vie. Nous tiendrons cet engagement et éviterons soigneusement toute récupération politique.

Très concrètement, les demandes du comité de quartier à l’égard des autorités communales portent sur quatre points :

– des mesures de sécurisation urgentes (aménagements provisoires en 2003, signalisation, missions de contrôle et de prévention de la police) ;
– un réaménagement complet de l’axe, trottoirs, chaussée et carrefours (inscription au prochain plan triennal des travaux publics 2004-2006 et investissement à prévoir dès le budget extraordinaire 2004) ;
– un aménagement des points d’entrée dans l’avenue (des esquisses et propositions sont jointes en annexe), en vue de détourner la circulation de transit, dont celui des poids lourds, sur les axes principaux du quartier (rue du Vallon et avenue Albert).
– le renforcement de la définition résidentielle de l’avenue des Combattants au Plan Communal de Mobilité.

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