090704VisiteVinLa Confrérie du Vignoble de l’Abbaye de Villers-en-Brabant nous a largement ouvert ses portes à la découverte de son vignoble. Il faut passer un petit porche, bien caché, le long d’un haut mur qui abrite un véritable trésor: 20 ares de terrain où poussent du Régent et du Phoenix. L’accueil fut extrêmement chalereux et s’est conclu par une dégustation du vin blanc produit sur ces terrasses ensoleillées: excellent!

Un samedi matin par mois, parfois plus en pleine saison, ils se retrouvent là, sur ces quelques arpents de terre accrochés à l’abbaye de Villers-la-Ville. Entre vingt et trente bénévoles y travaillent, faisant revivre ce vignoble créé par les moines il y a plusieurs siècles. Il faut les voir à l’œuvre, autant d’hommes que de femmes, les uns qui binent la terre, d’autres qui taillent les arbustes ou rafistolent les murets des terrasses. Le site est exceptionnel et de là-haut, au sommet de l’escalier qui mène au dernier rang de vigne, on peut distinguer la muraille qui ceinture l’abbaye et la forêt qui l’entoure.

Le silence n’est tranché, à intervalle régulier, que par le passage d’un train, l’omnibus qui relie Ottignies à Charleroi, et parfois un convoi de marchandise. Le reste du temps, ce sont les chants des oiseaux qui animent cet écrin de verdure ou ceux d’un bénévole qui bine, taille ou rafistole. « Le travail dans la vigne, c’est le meilleur des psys », confie un des participants. « Quand on a passé une semaine de travail éreintante, on est heureux de pouvoir tout oublier ici ». Le tintement sec de deux bouteilles entrechoquées par le maître de chais, sur le coup de midi, marque la fin des travaux et le début des libations. « C’est le salaire des bénévoles », se plaît-il à dire.

Le maître de chais, Christophe Waterkeyn (à droite), en pleine explication

Le maître de chais, Christophe Waterkeyn (à droite), en pleine explication

Les bouteilles produites sur ces 20 ares de vignoble affichent fièrement une étiquette « Villers-la-vigne » : du rouge (du Régent) et du blanc (du Phoenix allemand, cousin du muscat). Quelques flacons de ce dernier ont trempé dans un ruisseau, dont ils ressortent frais comme des gardons à l’heure de l’apéro. Au nez, le parfum étonne, flattant déjà les sens. Le vin régale le palais et s’avère long en bouche. Il faut dire que le maître de chais connaît son métier et son savoir tient de l’alchimie. D’un jus assez ordinaire, fruit d’une année d’ensoleillement plutôt chiche, il parvient à créer un blanc de très bonne tenue qui évoque un Alsace, un de ces muscats secs, élégants et fruités. On élève un vin : son élaboration exige de multiples attentions ; des analyses précises accompagnent chacune des étapes délicates.

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Le soleil est généreux. De plus en plus, même sur ces terres du Brabant wallon. Il y a 20 ans, les vendanges avaient lieu fin octobre. Désormais, elles se déroulent fin septembre. Alors que la culture septentrionale du vin prend un nouvel essor – on plante de la vigne en Angleterre et même jusqu’au Danemark – le vignoble de Villers-la-Ville revit pleinement. A terme, près de 750 bouteilles seront produites ici (le Régent a été récemment planté en lieu et place du Léon Millot). L’association qui le gère n’en fait pas commerce. On peut découvrir ce vin lors de fêtes organisées sur place ou lors de la visite guidée ouverte à tous chaque premier samedi après-midi du mois.

En pratique: la visite a lieu le 1er samedi de chaque mois à 14h30 (d’avril à début octobre). Organisation : Confrérie du Vignoble de l’Abbaye de Villers-en-Brabant. Renseignements : Abbaye de Villers-la-Ville asbl  – Tél: 071/880.980 – Pas de réservation. www.villers-la-vigne.be

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